Le soleil tape. La nappe s’envole. Les assiettes en mélamine tremblent sous le mistral. Stop.

Cet été, la céramique quitte la cuisine. Elle pousse la porte vitrée, traverse le salon et s’installe dehors. Sur la terrasse, au jardin, sous les guirlandes lumineuses. La terre cuite retrouve le plein air. Là où tout a commencé.

Le grès, roi de la table d’été

La vaisselle en grès a conquis les tables intérieures ces dernières années. En 2019, elle passe à l’extérieur. Et elle a de solides arguments.

Le grès est cuit à 1 300 degrés. À cette température, la matière se vitrifie. Elle devient quasi imperméable, résistante au gel comme aux UV. Traduction : votre assiette encaisse la canicule de juillet et l’orage d’août sans broncher.

Les tonalités ? Neutres, terreuses, apaisantes. Beige, crème, terracotta, gris anthracite. Des couleurs subtiles qui se marient avec le style puriste et soulignent le côté naturel du repas en plein air. Posez un gratin dans un plat en grès sur une table en bois brut. Ajoutez du pain, une carafe, des tomates. Vous avez votre photo Instagram — sauf que là, c’est vrai.

La tendance vient de loin. Slow Life, Hygge, Wabi-sabi : toutes ces philosophies partagent un même goût pour l’authentique et l’imparfait. Le grès artisanal, avec ses irrégularités assumées, en est le porte-drapeau.

Pour s’équiper, direction les ateliers. Poterie Le Tournesol propose de la vaisselle artisanale en grès. Isabelle Céramique, dans le Vaucluse, façonne assiettes et plats aux lignes douces. Des pièces faites pour le quotidien — y compris quand le quotidien se passe dehors.

Stages poterie : les vacances les mains dans la terre

L’été, c’est aussi le moment d’essayer. De mettre les mains dans l’argile pour la première fois. Ou d’y revenir.

En Provence, à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, un stage créatif plonge les participants au cœur des pins, des chênes et des oliviers. Tournage, modelage, émaillage. La Provence en toile de fond. Difficile de faire mieux comme cadre.

Dans les Cévennes, le Domaine de Rochebelle ouvre les portes d’une ancienne magnanerie au pied du Parc national. Six nuits, du dimanche soir au samedi midi. Tout est inclus : hébergement, repas, matériel, cuisson. Vous arrivez les mains vides. Vous repartez avec vos pièces.

À Hyères, sur la côte, La Potière propose des stages de tournage de 3 à 5 jours, avec possibilité de loger sur place dans la villa attenante. Le pied dans l’eau, les mains dans la terre.

Pour les Parisiens qui ne partent pas, La Fabrique du Canal dans le 19e arrondissement programme des stages enfants tout l’été. Les petits tournent, les parents soufflent. Tout le monde y gagne.

Les marchés de potiers : le tour de France de la terre

L’été, les potiers sortent aussi. Ils montent leurs stands, alignent leurs pièces, discutent technique avec les passants. C’est une tradition française méconnue. Près de 183 marchés de potiers se tiennent chaque année à travers le pays.

Rendez-vous phare de ce début d’été 2019 : le Marché des Potiers de Dieulefit, les 8 et 9 juin, au Parc de la Baume. 70 exposants professionnels, des démonstrations, des projections, des ateliers. Dieulefit, Drôme provençale. Terre de potiers depuis des siècles.

Plus au sud, à Anduze, dans le Gard, le marché des potiers cévenols rassemble en juillet une cinquantaine de céramistes. Anduze et ses fameux vases, reconnaissables entre mille. Une institution.

À Saint-Quentin-la-Poterie, la braderie des potiers fait le plein chaque année. Le village porte la poterie dans son nom. Ce n’est pas un hasard.

Le calendrier complet est disponible sur le site du Collectif Céramistes. Un conseil : imprimez-le avant de partir en vacances. On ne sait jamais sur quel village de potiers on va tomber.


L’été change nos habitudes. On mange dehors, on vit dehors, on reçoit dehors. La céramique suit le mouvement. Elle quitte l’étagère, descend du buffet, traverse le jardin.

Elle retrouve ce qu’elle a toujours été : un art de vivre en plein air. De la terre, du feu, du soleil. Comme un retour aux origines.

Bon été.

— Samir K.